Notes de l'éroto-bibliomane
Ubi turpia non solum delectant, sed etiam placent.[1]
Non seulement ils trouvent du charme là où c’est souillé, mais ils s’y plaisent.
Sénèque[2] ( 4 avt JC-65 ap JC )
Philosophe de l'école stoïcienne, dramaturge et homme d'état romain.
Garvani[3] Gavarni Paul (1804-1866)
Il s'agit d'une erreur de l'auteur. Paul Gavarni est un dessinateur et aquarelliste français, il collabora à La Mode. Ses dessins ont une image d'un être moqueur, parfois amer, de la société parisienne.
Marquis de Carabas[4]
Nom imaginaire d’un des personnages du conte Le Chat Botté de Charles Perrault paru en 1697.
Chevalier Kerhany[5] Fréderick Hankey (1823-1883)
Il est fort possible que ce personnage soit inspiré de Fréderick Hankey. Collectionneur de livres érotiques, obsédé par Sade, il s'adonnait à des jeux dont les accessoires et les récits étaient plus que suggestifs. Les Goncourt lors de leur rencontre avec cet étrange bibliophile avaient été horrifié par sa légendaire collection des "plus beaux échantillons de l'obscénité ».
Misanthropique[6]
Haine du genre humain.
Baudoin Pierre Antoine[7] ( 17ème siècle )
Dessinateur, élève et gendre de Boucher. Ses gouaches et ses dessins, en particulier des scènes libertines ont fait sa renommé et ont fait couler beaucoup d'encre.
Dodelinant[8]
Se balancer légèrement.
Gardiena[9]
Plante à fleurs originaire des régions tropicales.
Gungl's[10] ???
Boccherini Luigi[11] ( 1743-1805 )
Violoncelliste et compositeur italien, connu pour sa musique de chambre et ses quintettes à cordes.
Reicha Antoine Joseph[12] ( 1770-1836 )
Compositeur français d'origine tchèque, théoricien et professeur de musique. Il apprend le violon et la flute avec son oncle Joseph Reicha, lui même compositeur. Reconnu pour sa musique de chambre pour instruments à vent.
Epinette[13]
Ancêtre du clavecin.
Boucher François[14] ( 1704-1770 )
Peintre, graveur, dessinateur et décorateur français. Peintre officiel, protégé par Mme de Pompadour, on lui reprochera de représenter un XVIIIe siècle léger et frivole.
Watteau Jean Antoine[15] ( 1684-1721 )
Peintre et dessinateur français, coloriste de premier ordre. Inventeur du genre, il peint de nombreux tableaux de fêtes galantes.
Fragonard Jean Honoré[16] ( 1732-1806 )
Peintre français. Après avoir peint de nombreuses scènes historiques il s'oriente dans une voie moins académique, vers des scènes galantes, voir à caractère érotique, et s'opposa à l'esthétique ambiant du néoclassicisme. Considéré, à l’instar de Boucher dans l’atelier duquel il entra à quatorze ans, comme le peintre de la frivolité du Rococo, il devient également le peintre à la mode de l’époque et amasse une grande fortune. Son destin ayant croisé de grands artistes tels Chardin, Carle Vanloo et donc Boucher desquels il tira quelques enseignements, il manifeste de grandes dispositions artistiques et peint dans de différents registres : paysages inspirés de la peinture hollandaise, compositions religieuses ou mythologiques, ou scènes de bonheur familiale… Mais de son œuvre, ce sont les scènes intimes de couples, les endormies, les belles qui s’épouillent, les rencontres amoureuses, les amants et leurs moments de tendresse fugace immortalisés, etc. que nous garderons en mémoire. Fragonard sera le dernier peintre de cette époque libertine que fut le xviiie siècle.
Laconisme[]
S'exprimer en peu de paroles.
Grécourt, Jean-Baptiste[17] Joseph Willart de Grécourt ( 1683-1743 )
Poète français, ancien prêtre, plus attiré par la poésie et les plaisirs. Il composa des contes licencieux et des poèsies souvent libertines.
Brantôme[18] ( 1540-1614 )
Abbé et écrivain français, Ses Mémoires sont connus pour leur caractère libertin.
Martial[19] ( 40-104 )
Poète latin d'origine espagnole, satyrique dans ses épigrammes, il porta un regard sur toutes les couches de la société.
Hic ubi vir non est, ut sit adulterium.[20]
Ici où l’homme n’est pas pour être adultère.
Paune[21]
Peut-être est-ce une coquille pour « panne » : étoffe travaillée comme le velours.
[22]L’accubitum désigne, chez les Romains de l’Antiquité, la couche, le lit ou le sofa sur lequel on se couchait dans les repas.Le biclinium était, quant à lui, la salle de réception des maisons d’habitation ou salle à manger, comportant deux lits face à face ; le triclinium en est une variante où leslits, autour desquels une table ronde ou carrée était agencée afin d'y présenter des plats, comportaient trois places. L’accubitumétait orné de plagula, c’est-à-dire d’un rideau suspendu autour de lui qui servait à en repousser la poussière et défendre contre le froid les convives autour des tables.Le lectulus désigne lui aussi une de ces couchettes, lit étroit, il pouvait être lit de table, lit de repos ou lit d'étude selon l’usage. Le subselium, banc des sénateurs les eliquastrum, siège élevé, généralement, chaise de travail, tabouret d'un artisan etenfin, le scabellum, tabouret de chantre ouescabeau, il semble que le Chevalier ait pour cette époque, et leurs us en matière d’ « assise », quelque attirance.
Anacréon[23] (550 av. J.C. – 464 av. J. C.)
Surnommé Le Chantreou Le Vieillard de Téos, il est l’un des plus grand poètes lyriques grecs. Poète inspiré par Dionysos, il se consacre principalement à la poésie amoureuse et la poésie de banquet, où vin et amour sont loués – mais sans excès – Le style rapidement reconnu sous le nom d’« anacréontique » est caractérisé par la légèreté et le charme de son créateur… La tradition raconte que le poète se serait étouffé avec un raisin sec.
Duc de Lauzun[24] (1633-1723)
Marquis de Puyguilhem, comte de Saint-Fargeau, capitaine des Gardes du corps du Roi, colonel général des dragons, Antonin Nompar de Caumont, premier duc de Lauzun, est l’un des militaires et courtisans les plus célèbres du xviie siècle. Séducteur invétéré, Lauzun accumulait les conquêtes féminines. L’une d’entre-elles, Melle de Montpensier, la Grande Mademoiselle, cousine du roi Louis xiv, avec qui il se maria secrètement, lui valu d’être emprisonné à Pignerol. L’Histoire dit qu’il y séjourna en même temps que l’Homme au masque de fer et qu’il y rencontra Nicolas Fouquet. Il y demeura jusqu'en 1681, date à laquelle Mllede Montpensier obtient sa libération contre la promesse de céder au duc de Maine, un « bâtard légitimé » de Louis XIV, le comté d’Eu et la principauté de Dombes. Il est probable que les deux amants se marièrent, mais ils se séparèrent dès 1684. Il ne devint le duc de Lauzun qu’en 1692.
Chevalier de Riom[25]
Capitaine de la garde de la duchesse de Berry – fille de Philippe d’Orléan, futur régent, et veuve de Charles de France –, le chevalier de Riom entretient une relation adultère avec celle-ci. On connaît surtout Madame de Berry à travers les Mémoires de Saint-Simon, dont la femme était dame d'honneur de la duchesse et qui décrit avec ironie les couches scandaleuses de la fille du régent en 1719. Le chevalier de Riom, l’une de ces « couches scandaleuses fut à l’origine d’une maternité qui opposa la fille à son père, le Régent et qui éloigne Riom de Paris. L'accouchement difficile achève aussi de ruiner la santé de la princesse qui mourut trois mois après ; à sa mort, elle est de nouveau enceinte.
La collection de tableaux du chevalier
Première pièce
Le Chevalier de Kerhany semble avoir cherché à rassembler dans cette pièce quelques œuvres des plus grands artistes de tous les mouvements de l’Histoire de l’Art depuis la Renaissance jusqu’au xixe siècle.
Pour refléter l’expression de la Renaissance et du maniérisme qui se développèrent en Europe entre le xve et le xvie siècle, le chevalier a accumulé un grand nombre d’œuvres.
[27]Titien et André del Sartre, éminents peintres de la Renaissance italienne, sont les auteurs d’une œuvre considérable de portraits. Le Titien est aujourd’hui encore considéré comme l’un des plus grands portraitistes, notamment aux vues de son habileté à faire ressortir les traits de caractère des personnages. Les portraits de del Sartre reflètent quant à eux d’une nature sensible et affectueuse, d’une expression douce et modeste appuyée par une manière gracieuse d’utiliser des coloris frais et harmonieux.
[33]Antonello de Messine, également peintre italien de la Renaissance, fut formé à la peinture des maîtres flamands par un des meilleurs copistes de Van Eyck. Sa peinture témoigne à la fois d’une grande maîtrise de la lumière et de la perspective florentine, ainsi que dans la maîtrise de la technique de la peinture à l’huile dans laquelle les Flamands – inventeurs de cette nouvelle technique – se distinguent à l’époque.
[35]Paul Véronèse est, avec Titien, le grand peintre maniériste italien du xvie siècle. Reconnu pour ses talents de coloriste et sa maîtrise pour les décorations illusionnistes en fresque et huile, il se distingue dans des représentations de cycles narratifs raffinés de style dramatique.
[32]Ribera, peintre de la Renaissance tardive, est quant à lui espagnol. Il est également un grand graveur de l’ère baroque. Sa palette de peintre, inspirée par l’école vénitienne, lui sert, lui aussi, à peindre des mythologiques et religieuses, mais également des scènes fête. On lui prête notamment une grande capacité à rendre une intensité émotive dans ses personnages.
Sa collection se poursuit par de grandes œuvres du xviie siècle. Elle témoigne alors du Classicisme, du Caravagisme ou de l’Art baroque.
[29]Le classicisme français s’illustre avant tout dans la peinture de Poussin. Nicolas Poussin, grand peintre de la Renaissance française est surnommé Le peintre des gens d'esprit ; il recherchait dans l’antique, ce beau idéal ou intellectuel, ce « bon goût » de l'art antique dans lequel pouvait s’associer les formes de la nature et celles de l'art. Il s'attacha principalement aux beautés expressives, peignant par un trait vif et précis le « langage » de la pensée et du sentiment : il choisissait les sujets historiques, plus propres aux développements nobles et expressifs de la composition et du style.
[34]L’Italien, Guerchin– et non pas Guerchy, sans doute coquille ou confusion –est un peintre représentatif du Baroque italien du xviie siècle. On relève chez lui l’influence de Rubens et l’héritage de Véronèse, et on admire dans ses œuvres l’illusion qu’il sait donner de la nature et la force des coloris dont il use. D’une piété fervente, il traite surtout de sujets religieux.
[26]Velazquez et Murillo furent tous deux grands peintres espagnols du xviie siècle. Peintre du siècle d’or espagnol, Velazquez, dont le style personnel s’inscrivait résolument dans le courant baroque de cette période, eût une influence considérable à la cour du roi Philippe iv. Murillo, considéré aujourd’hui comme le représentant typique de l’art espagnol de son époque, futquant à lui longtemps oublié ; il ne fut redécouvert qu’au xixe siècle, et alors reconnu comme précurseur du réalisme du xviiie siècle. Comme pour Velazquez, plusieurs de ses œuvres figurent dans la collection du Louvre.
Une grande partie de la collection du Chevalier de Kerhany est consacrée à la peinture hollandaise du xviie siècle.
[28]Ruysdaël et Hobbema s’inscrivent dans ce xviie siècle comme deux des plus grands paysagistes hollandais. Le premier, mieux connu, est reconnu comme l’un des premiers grands peintres de paysages et de marines hollandais, et servira de modèle à de nombreux peintres hollandais, mais également de toute l’Europe.
[31]Rembrandt est sans doute l’un des plus célèbres peintres hollandais de ce siècle ; peintre mais aussi excellent graveur, il est considéré comme l’un des plus grands artistes de l’art baroque européen. Son œuvre est marquée par les jeux de lumière, de clair-obscur, et par un goût particulier pour le portrait et l’autoportrait, ainsi que les peintures bibliques. Très contrastée, sa peinture donne à voire des personnages aux expressions marquées et fut source d’une grande influence sur tous les peintres de ce siècle. Comme lui, Rubens ou Frans Hals jouissent également d’une grande renommée à travers l’Europe. L’œuvre de Jordaens, un peu moins connue, appartient à la même tradition que celle de ces deux derniers ; attachée à la représentation de figures, de personnages. Elle se distingue peut-être surtout par les thèmes qu’elle privilégie : les scènes religieuses –représentations d’épisodes de la Bible –, ou l’illustration de légendes et scènes mythologiques.
[30]Terburg, Gérard ter Borch, dit le Jeune, est le peintre des intérieurs paisibles et élégants, des scènes intimes des bourgeois – au milieu desquels il vivait. Reconnu comme l’un des plus grands peintres de genre et de portrait hollandais, à qui l’on prête une remarquable qualité d’imitateur de textures telles que le grain d’un tapis, l’éclat de l’argent, la transparence du cristal et la matérialité des étoffes, notamment le velours et le satin blanc. Son trait fut influencé par Frans Hals et influença également nombre d’artistes dontde Metzu. Ce dernier, rattaché à l’ « école » de Rembrandt et de Vermeer se distingue lui aussi comme peintre de scène de genre, et fut rendu célèbre pour ses scènes de la vie quotidienne. Van Ostade est, lui, un peintre et un graveur qui a représenté un grand nombre de scènes de fêtes villageoises mais également – et c’est sans doute ce qui intéressa le plus le Chevalier de Kerhany – des scènes de genre souvent qualifiée de triviales, évoquant l’ambiance des tavernes, représentant des personnages pittoresques, souvent paillards et bagarreurs. On reconnaît chez lui encore la patte de Frans Hals dont il fut l’élève, mais aussi l’influence de la peinture de Rembrandt. Wouwermans, s’est quant à lui surtout complu dans ses scènes de la vie militaire ou paysanne, à représenter des chevaux. Jan Steen, peintre de figures, aime à représenter dans des scènes quotidiennes les valeurs morales. Van der Meer, lui plutôt paysagiste, fut rendu célèbre par ses petits intérieurs de ville dessinés de ruelles, d’enfilades de rues étroites, avec des boutiques, des étalages, des auvents, des croisées baroques et des toits pointus, dont la perspective, la puissance des couleurs et la justesse de la lumière étaient jugées d’exceptionnelles. Enfin, Gérard Dow, Gerard Dou ou Gerrit Dou ou Dow, formé par Rembrandt, s’exprime dans un style si proche de celui de son maître qu’on attribue certaines œuvres à un travail commun des deux artistes. Une particularité de ses tableaux lui reste cependant propre : leur format ; toujours de petits panneaux de bois – plus lisses que la surface d’une toile – dans un style extrêmement minutieux. On dit même qu’il se servait d’une loupe pour le fini des détails. Il s’attacha principalement à représenter les objets de la vie commune et des natures mortes.
Le xviiie siècle, grand siècle du Rococo…
Toute cette peinture – peinture des Lumières – témoigne d’un goût prononcé pour les portraits, les motifs de fantaisie exotiques et naturalistes, pour les mythologies, et pour la représentation des mœurs et « philosophies » libertines qui étaient de mode à cette époque. Les œuvres sont chargées de fantaisies pittoresques, érotiques et exotiques, qui s’adresse plus aux sens qu’à l’esprit !
[36]À l’heure de la reconnaissance du statut de l’artiste, il est de bon ton de se faire tirer le portrait par un peintre qui à un nom et ce, si possible dans une mise en scène champêtre, festive ou ayant trait à la mythologie ! Les deux experts et rivaux britanniques, en la matière, Reynolds et Gainsborough, sont présents dans cette collection. Gainsborough, l’éminent paysagiste et portraitiste de la seconde moitié du xviiie siècle, peintre préféré de la famille royale, reconnu comme le peintre britannique spécialiste du portrait, ne devint jamais cependant le peintre officiel de la cour d’Angleterre. Ce fut Reynolds, président de l’Académie, qui reçut ce privilège ; bien que son art fut jugé inférieur !
[37]En France Latour, exécute quant à lui des portraits aux pastels. Il a exécuté un grand nombre de portraits de personnages célèbres parmi lesquels on peut notamment citer Voltaire, Madame de Pompadour, Louis xv et la famille royale. Il est surnommé « le prince des pastellistes »et se distingue par l’expression naturelle et vivante qu’il donne à ses portraits. Avec Jean-Marc Nattier,il s’affiche comme l’un des artistes favoris de la cour. Nattier, lui aussi portraitiste, mélange réalisme et fantaisie en insérant des personnages mythologiques dans ses œuvres.
[38]Vanloo, descendant d’une grande famille de peintres hollandaisétablie en France depuis le xvii siècle, il est lui aussi un portraitiste apprécié. D’abord reconnu comme un grand peindre du trompe-l’œil par des œuvres peintes sur des plafonds représentant des scènes mythologiques ou religieuses, il a su mettre ses talents aux services d’une clientèle élégante et mondaine. Attirée par la fantaisie, les scènes de genre et l’exotisme, Vanloo leur proposait des portraits, des « turqueries », adaptant ses sujets et son style au goût de ses commanditaires. Le roi, séduit, lui commanda d’ailleurs plusieurs œuvres pour le Château de Versailles, et deux grands portraits. Parmi ses commanditaires figurent également Madame de Pompadour, de riches particuliers, mais aussi l’Église. Mais, bien que sa maîtrise technique soit indéniable, son genre « léger » ne vaut pas celui de Boucher, son rival qui lui succéda à la place de premier peintre du roi en 1765. Boucher s’affiche comme l’un des plus grands peintres rococo français. Peintre de scènes pastorales, de mythologies, il est aussi et même avant tout l’auteur d’œuvres sensuelles, décrivant un monde idyllique. Favori de Madame de Pompadour, coqueluche de la « société » ; il est le peintre à la mode de ce siècle !
Pater[39], peintre flamand français, figure parmi les interprètes rococo du début du xviiie siècle. Élève de Watteau, il fonda sa carrière sur l’imitation des fêtes champêtres de son maître et fut reçu à l’Académie comme peintre de fêtes galantes. Après la mort de son maître, il termina même certaines de ses commissions.
Lancret[40], peintre français au talent de dessinateur reconnu, a joui de son vivant d’une grande réputation ; ses oeuvres furent d’ailleurs reproduites par les plus habiles graveurs de l’époque. Ayant eu pour professeur le même maître que Watteau, son trait est souvent apparenté à celui de ce dernier ; ce qui lui valu d’ailleurs la jalousie du grand peintre des fantaisies galantes, des arabesques à figurines, scènes de théâtre, mythologies – rêveur délicat, du spectacle de la vie mondaine et rustique – et la rupture de leur relation. Lancret est un peintre de nature ; de ses promenades à la campagne, il rentre avec des croquis de tout ce qui le frappe. Ainsi, il peindra un nombre considérable de tableaux de genre, des noces de villages, des bals, des foires. Tous deux, travailleurs en même temps qu’homme de plaisir, avaient également en commun la passion du théâtre, mais tandis que l’un – Watteau – se distrayait du théâtre de Molière, l’autre – Lancret, donc – assistait à la représentation d’une tragédie de Racine.
Largillière[41] est l’un des peintres français qui fut les plus demandés de la fin du xviie siècle jusqu’au milieu du xviie. Il a fait son apprentissage en Belgique, à Anvers et il dispose d’une grande maîtrise technique qui lui permet d’exceller autant dans l’art de la nature morte, de la peinture d’histoire, des paysage que dans l’art du portrait. Il alterne donc les commandes officielles pour des ex-votos ou des allégories avec les portraits de la noblesse et de la haute bourgeoisie.
Christian Wilhelm Ernst Dietrich[42] (1712-1774)
Peintre et graveur allemand du xviiie siècle, Dietrich se distingue aussi bien dans des compositions religieuses, des sujets allégoriques, des scènes de genre, des portraits que dans des paysages. Pasticheur de génie, il exerce son don avec une telle maîtrise, qu’il parvient à saisir l’aspect et à restituer la manière de toutes les écoles qui sont en vogues à l’époque. Cependant, Dietrich ne reproduit pas, il évoque ; il va parfois même jusqu’à marier plusieurs manières, plusieurs écoles, dans une même toile. Capable de s’exprimer dans les genres les plus divers, son talent se double du mérite de vulgarisateur ; mettant ainsi des artistes « rares », peu diffusés ou peu connu à la portée du plus grand nombre. Et son œuvre gravée est réputée plus habile encore que sa peinture !
Le Barbier[43], écrivain, illustrateur et peintre d’histoire français, est reconnu à la fois pour ses aquarelles et pour des toiles remarquables ayant pour sujet des épisodes historiques, des scènes mythologiques ou des thèmes bibliques. Il a illustré de nombreux textes telles que les œuvres de Racine, de Rousseau, de Delille et même d’Ovide.
L’Epicié ou Lépicié[44] (1735-1784)
Peintre de genre, Nicolas Bernard Michel Lépicié est le fils et élève de Bernard Lépicié, graveur et historiographe de l’Académie. Promis à la carrière de graveur, sa vue défectueuse va le pousser à abandonner très tôt cet art. Il étudie alors la peinture avec Van Loo, le peintre d’histoire hollandais, avec l’espoir de devenir lui aussi peintre d’histoire. Cependant, c’est à ses scènes d’intimité familiales qu’il doit son succès. Membre de l’Académie puis peintre du Roi, il connaît une vogue assez grande au xviie siècle. À la fin de sa vie, il rencontrera une seconde fois succès et vogue avec des scènes de la vie champêtre.
Boilly[45], peintre, dessinateur et graveur, formé à l’art du trompe-l’œil et portraitiste pour gagner sa vie, il s’est surtout fait connaître pour ses scènes de la vie parisienne dans les années qui suivirent la Révolution. Il se fait tout d’abord remarquer par un style sentimental qui rappelle celui de Fragonnard dans lequel on perçoit également l’influence des maîtres hollandais du siècle précédent. Il devra cependant autant sa renommée aux scènes de genre de thèmes galants, voire grivois, qu’aux portraits et aux peintures en trompe-l’œil qui le font vivre. Menacé de poursuites pour obscénité par la société républicaine des Arts, il changera son fusil d’épaule et produira alors une série d’œuvres patriotiques au vue de dissuader ce recours au Comité de salut public. Ces peintures et les portraits de parisiens en costumes d’époque, n’ont aujourd’hui de valeur qu’en tant que témoignage de cette époque, reflet la diversité urbaine et des coutumes de la période qui sépare la Révolution de la période de la Restauration.
Enivrante[46]
Forme vieilli d’enivrante.
Priapisme[47]
État pathologique caractérisé par une érection prolongée et douloureuse de la verge sans aucun désir qui l’occasionne et n’aboutissant à aucune éjaculation.
Méphistophélès[48]
Nom du diable dans la légende allemande de Faust, rendu célèbre par le drame de Goethe.
Danaé[49]
Personnage de la mythologie grecque. À la suite d’un oracle prédisant la mort du roi d’Argos par son petit-fils, Danaé, princesse du royaume d’Argos, est emprisonnée par son père dans une tour d’airain, aux fenêtres closes par d’épais barreaux. Aimée de Jupiter, ce dernier parvient toute fois à se présenter à elle sous la forme d’une pluie de pièces d’or et à la séduire. De leur union naîtra Persée. Malgré les efforts d’Acrisios, pour faire disparaître ce petit-fils, ou l’éloigner de lui, l’oracle se réalisera ; Acrisios mourra accidentellement sous le coup d’un disque lancé par Persée avec trop de puissance.
Lambrequins[50]
Terme de tapisserie qui désigne les étoffes pendantes et découpées en festons qui décorent les ciels de lit ou surmontent les rideaux d’une fenêtre. Les lambrequins peuvent aussi désigner des découpures de bois imitant le coutil et couronnant un pavillon, une tente, un store…
Moire[51]
Ce terme désigne l’apprêt que reçoivent certaines étoffes de soie, de laine, de coton ou de lin, et qui leur communique un éclat changeant, une apparence ondée et chatoyante.
Par extension, on désigne sous ce nom tout tissu qui à reçu ce genre d’apprêt.
Phaon[52]
Personnage de la mythologie grecque, Phaon trouve son origine dans Les Héroïdes d’Ovide. Il est l’amant de Sapho. Cette dernière a la réputation de n’avoir jamais aimé, mais à la lecture de poèmes d’amour dont elle est l’auteur, Phaon découvre que l’illustre poétesse de l’île Lesbos est amoureuse. Pris de jalousie, il désir découvrir l’élu de ces sentiments ; il en vient à soupçonner tous les hommes qui approchent de Sapho. Aveuglé au point de ne pouvoir l’évidence, il n’imagine pas que l’être aimé, inspirateur de ces vers n’est autre que lui-même.
Le Musée secret du Roi de Naples[53]
Le musée royal de Naples fut l’un des plus importants musées du xviie et xviiie siècle. Il demeure cependant surtout reconnu pour disposer d’une impressionnante collection de représentations et d’objets érotiques de l’Antiquité unique au monde. On peut d’ailleurs lire dans l’édition originale du catalogue rédigé par César Famin et référençant les peintures, bronzes et statues érotiques formant la collection du cabinet secret du roi de Naples que ce « cabinet » est la « seule galerie au monde où il soit proposé de réunir tous les chefs d’œuvre impudiques. »
Benvenuto Cellini[54]
Artiste de la Renaissance aux mœurs reconnues excessives. Son amitié avec les grands de son temps – en particulier les Médicis et François ier –, lui permis d’échapper à la condamnation que ses frasques et son goût notoire pour les jeunes gens auraient dus lui valoir. Orfèvre et sculpteur, il applique les techniques et la précision de l’orfèvrerie à son travail de sculpteur. Il exécute notamment une sculpture monumentale en bronze, représentant Persée tranchant la tête de Méduse. Cette œuvre est aujourd’hui encore perçue comme un exploit technique.
Satyriasis[55]
Terme de médecine désignant un état d’exaltation morbide des désirs sexuels de l’homme. Cette exagération se caractérise par un penchant irrésistible à répéter l’acte vénérien, avec la faculté de l’exercer sans l’épuiser.
Grigri[56]
Roman libertin paru en 1739 et inspiré d’une histoire véritable, rapportée et traduite du japonais par l’espagnol Cahusac (anagramme de Didaque Hadeczuca).
Thémidore[57]
Roman libertin de Godard d’Aucour paru en 1776. Ce roman est sous-titré « ou Mon histoire et celle de ma maîtresse ».
Le Noviciat du Marquis de *** ou l'apprenti devenu maître[58]
Roman paru en 1747 ; vraisemblablement autre titre du romanHistoire du cœur humain ou Mémoire du marquis de ***de Claude Villaret, homme de plume médiocre. Ce roman serait tombé dans l’oubli sitôt paru.
Bordes[59]
Homme de lettres du xviiie siècle, Bordes a la réputation d’un poète léger à l’esprit cultivé. Il écrivit un grand nombre de textes qualifiés de galants, mais aussi de nombreux mémoires et ouvrages sur des sujets littéraires, philosophiques et de morale sociale.
Le Grelot[60]
Journal satirique et anticlérical illustré de la fin du xviiie siècle.
Le Roman du Jour[61]
Roman licencieux d’Anne-Gabriel Meusnier de Querlon, brillant intellectuel, littérateur, paru en 1754.
Le Sopha[62]
Conte moral français de Claude Prosper Jolyot de Crébillon, dit « Crébillon fil » , publié en 1742.
Tant pis pour lui ou les spectacles nocturnes[63]
Œuvre de Jean-Michel Magny, parue en 1756 ; sans doute un roman érotique.
Bibliothèque des petits maîtres[64]
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