Octave Uzanne
Les péripéties pas très rocambolesques d’Octave...
Octave Uzanne voit le jour le 14 septembre 1851 à Auxerre. Homme de lettres, bibliophile, bibliographe, historien des mœurs et de la mode, éditeur, journaliste, Uzanne revêt de multiples costumes et semble s’intéresser à tout. Cependant, il paraît porter un intérêt tout particulier à l’Art. Et cet art, il le cherche — et le trouve — avant tout au regard du livre et de la femme.
Collaborant au Conseiller du bibliophile depuis 1875, il commence sa carrière littéraire avec un livre ayant pour sujet cet univers auquel il s’intéresse tant : les Caprices d’un bibliophile, en 1878. La même année, ilfonde la revue Miscellanées bibliographiquesqui sera éditée jusqu’en 1880 et à laquelle succèderont trois autres revues consacrées au livre et à l’édition, surtout bibliophilique. En 1889, avec 160 autres personnes, il fondera également une société d’édition d’écrivains français, la Société des bibliophiles contemporains, devenue plus tard la Société des bibliophiles indépendants.
Éditeur dès le début des années 1880, il publie des œuvres inédites dont il rédige les notices biobibliographiques avec une passion manifeste. Son goût semble surtout pencher du côté de la littérature du xviie et duxviiie siècle, et des auteurs de poésie, de textes licencieux ou sentimentaux, de contes, d’ouvrages sur l’art ou la mythologie. On peut citer Sade, Benserade, Caylus, Besenval, ou encore Beaudelaire. Cette aventure éditoriale vient donc compléter celle, périodique, qu’il nourrit depuis deux ans et révéler sa grande érudition, qui fera, à l’époque, grande part à sa renommée.
Cette renommée, il la doit également et sans doute même avant tout à « L’éventail », ouvrage qui fait l’éloge de cet accessoire féminin. À ce livre, paru en1881 et somptueusement illustré par les gravures de Paul Avril, succèdera un deuxième livre consacré à la mode féminine, «L’ombrelle, le gant et le manchon»,en 1882. La femme et la mode vont en effet figurer parmi les sujets récurrents de cet auteur et vont l’étiqueter comme un de leurs spécialistes, ce qu’il dénigrera d’ailleurs : « ce sont presque toujours, en France, les travaux les plus superficiels d’apparence, les plus frivoles et les plus mondains qui réussissent le mieux à fixer le succès et parfois même à asseoir la réputation... »
Grand amateur de femmes, Uzanne est cependant resté célibataire toute sa vie ; on dit de lui qu’il « n’a point l’âme conjugale ». Il écrira d’ailleurs un manuel du libre amour pour les amants :« Le célibat et l’amour, traité de vie passionnelle et de dilection féminine » (1912).
Son autre grand amour, l’art, le fera rencontrer et collaborer avec quelques artistes. Il demandera en effet à certains d’entre eux de participer à ses ouvrages. Il fréquentera en particulier les milieux de l’Art Nouveau et du Symbolisme qui le conduiront à se lier avec des grands noms de cette époque tels que Jean Lorrain, Albert Robida ou Félicien Rops.
En 1893, il fait le tour du monde.
Les 30 dernières années de sa vie sont restées assez obscures. Il semble avoir abandonné la carrière de romancier qu’il avait tant désirée. Il écrira jusqu’à la fin de sa vie, de son petit appartement parisien, introductions, préfaces pour les acteurs de cette Littérature pour laquelle il a tant d’attachement, et publiera articles et études de mœurs et de modes sur la France et Paris, bien sûr, mais aussi sur l’Angleterre ou les États-Unis. Il estime en effet que rien n’est « à la fois aussi curieusement évocateur, aussi typique et pittoresque, mieux en concordance avec les caractères, l’esprit et la morale d’un peuple ou d’une époque déterminée que l’expression dominante du costume et le luxe diversement coloré des ajustements ». Il paraît également se lasser de la bibliophilie et désirer revenir « aux jolis ouvrages noir sur blanc, à peine imagés de petites vignettes, glissant paisiblement dans le texte comme des gondoles sur la lagune !» (citation extraite du « propos d’avant garde » introduisant « La Française du siècle », rédigé par Sébastien Sanchez)… Il restera cependant toujours fidèle à ses thèmes de prédilection : le livre, la femme qu’on lui reprochera peut-être parfois d’avoir trop usés. Il meurt le 31octobre 1931à Saint-Cloud.
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